À propos

«Je mets dans mes tableaux tout ce que j’aime. Tant pis pour les choses. Elles n’ont qu’à s’arranger entre elles.»

 

C’est par l’émotion, le contraste, puis l’impulsion que mon travail chemine pour prendre vie. Émerveillée par le fonctionnement humain dans ses différences culturelles, ses rapports avec autrui et sa dimension spirituelle, je n’ai cessé de les exprimer avec une passion dévorante. Des dialogues improbables se nouent… La vérité et le sens d’une vie enfante d’art. Ils me portent.

Les différents médiums utilisés me permettent d’explorer les facettes de l’humain souvent hybride avec un net parti pris pour l’élan vital et la réflexion intérieure afin de rendre hommage à cette étrange épopée qui est la nôtre. Vaste ambition mais quel terrain de jeux pour la création.

Tout est possible.

 

 

 

Il y a paraît-il un début et une fin à tout. C’est ce que l’on nous apprend. N’est-ce pas expliqué par la pauvreté de notre perception. Réagissons ! N’y aurait-il que des droites parallèles qui ne se couperaient jamais ? Des corps qui ne pourriraient      jamais ? Des têtes que jamais Judith ne couperait ?

Hélène Maïdanatz croise et entrecroise les corps, ils exultent, les têtes tombent comme si «ce qui parle» ne se situait plus dans le crâne. Vanité disparue… place à la vie.

Si Dieu est éternel il s’est aussi «pour certains» fait homme. Lutte sans fin, est-il humain ou est-il au-delà de notre humanité ? Et pourquoi venir se mêler à notre pauvre condition ? Job craint Dieu pour mieux exister. Un Dieu de chair et d’os. Quel sacrilège ! Quelle audace ! Ou au contraire quelle beauté, quelle force, quel talent que de fondre son éternité en chair et en os.

Hélène approche ce conflit entre l’éternité et la force du vivant. On en vient à se demander, en regardant ses œuvres si Dieu lui même n’était pas d’abord un corps avant de fuir vers l’au-delà. Les peintures d’Hélène se battent avec la réalité pour approcher un ailleurs que l’on devine sans jamais pouvoir l’atteindre. Quête tendue vers l’âme humaine, le travail d’Hélène sur le corps se mue en métaphysique. Il y a de la force, de la peine, peut-être de la tendresse? La pensée se sublime dans les corps.

«Tu trouveras la limite du tout puissant… ce sont les hauteurs des cieux… c’est plus profond que les enfers… ».

Hélène nous pousse hors des limites. Elle cherche… et en cherchant nous dévoile. Me voici dit-elle «je suis tes os, je suis ta chair».

Gérard Hermet

 

 

 

Les toiles d’Hélène Maïdanatz font songer à ce propos visionnaire de George Braque : « l’art est une blessure qui se termine en lumière ». C’est ce que chacun ressent en contemplant ses corps offerts ou brisés, ployés sous l’effort ou la tendresse, dont les ombres, dans leurs reflets nacrés, révèlent des visages fantômes, des impressions indéchiffrables. Le désir ne s’oublie jamais dans les peintures d’Hélène Maïdanatz. Pas plus que l’horizon embrumé des ports, arrimé aux mâts, aux chariots et aux élingues des grues. Vladimir Nabokov, si épris de pureté, de clarté profonde, comparait l’art à un « magicien lunatique, qui met du rouge sur les lèvres de la vie  ».

Journal de la maire du 17° arrondissement